La Capitale-Nationale se classe au 2e rang à l’échelle provinciale avec la plus grande proportion de femmes vivant sous le seuil de la pauvreté, et ce, malgré un contexte de plein emploi et de pénurie de main-d’œuvre. En 2011, 12,7 % des femmes de la Capitale-Nationale vivaient sous le seuil de pauvreté (Conseil du statut de la femme [CSF], 2015). Parmi elles figurent des femmes éloignées ou exclues du marché du travail qui passent sous le filet social axé sur l’emploi.

 

Ce groupe de femmes comprend : les mères à la maison (taux d’emploi près de 9 points de pourcentage inférieur aux pères) – particulièrement les mères monoparentales (20 % sont à faible revenu) –, les proches aidantes (plusieurs vivent de la pauvreté [RGF-CN, 2017]), les femmes âgées (16,6 % sous le seuil de la pauvreté contre 9% des hommes, [Centre de recherche sociale appliquée (CRSA), 2011]), les femmes immigrantes (19,5 % à faible revenu; taux d’emploi inférieur à la population générale) ou appartenant à une minorité visible, les femmes peu scolarisées ou sans diplôme (75 % sont sans emploi contre 55 % des hommes), ainsi que les femmes ayant des limitations sur le plan de la santé mentale ou physique (la moitié est sans emplois [RGF-CN, 2012]).

 

Il existe un biais des organisations en faveur de l’emploi comme principal enjeu de lutte à la pauvreté. Cette approche exclut les femmes sans emploi qui exercent du travail invisible ou celles qui rencontrent des obstacles institutionnels et sociaux relatifs à l’emploi. De plus, elle n’améliore pas la sécurité économique de toutes les femmes, puisque « les femmes éprouvent plus de difficultés non seulement à trouver un emploi, mais aussi à en obtenir un de qualité équivalente à ceux que décrochent les hommes » (CSF, 2015). De même, le salaire minimum ne permet pas de sortir de la pauvreté (IRIS, 2016). Cet état de fait « montre les limites de nos lois sociales et remet en débat le système de protection sociale mis en place » (Ulysse, 2009). Enfin, ce biais a des conséquences importantes non seulement sur la sécurité économique des femmes, mais aussi sur leur santé globale (RGF-CN, 2017). Pour plusieurs groupes intervenant auprès de ces femmes, il constitue une forme de violence institutionnelle à l’égard des femmes (RGF-CN, 2017 ; 2012).

 

2976668.large.jpg